lundi 27 août 2007

Grand bond en avant vers l'arrière

Maintenant, c'est que ça se passe

jeudi 12 juillet 2007

MD 2 (final cut)

Le suspense prend fin, après un bon gros psychodrame classique (what's good amid this, O me, O life? comme déclamerait mon bon frère d'Hamlet en causant à son crâne) : je repars en Afrique, je lâche mon appart à Panam, je lâche mon installation alpine, je reprends ma liasse de dollars et en avant pour un trajet A/R en business class. Bref, le n'importe quoi absolu qui me va si bien au teint. Mais ce coup, vraiment, pas question de vie expat toute merdique sur les transats des lodges. J'ai plus peur: je suis déjà terrorisée.

Mzungu Dollar is back. And fearless. Enjoy.

Enchaînements improbables

En fait je sais pas. Voilà. J'aimerais bien qu'on décide à ma place, ça serait bien, ça, que mon temps de cerveau disponible puisse être mis à profit autrement. J'aimerais bien comprendre pourquoi tout est toujours mal foutu dans mon existence. Dès que j'ai renoncé à un truc, que je m'engage dans autre chose, ça revient me narguer, comme une provocation pour invalider mes choix, pour me faire bien sentir que mes choix son aussi friables que l'intérieur de ma tête. Comme si déjà c'était pas compliqué d'en faire, des choix.
J'admire ces gens qui savent ce qui est bon pour eux et qui s'y tiennent. Je sais pas trop où ils ont appris ça. Moi quel que soit le choix que je fasse, il sera forcément mauvais.

Alors ce matin je sais pas ce que je fais. Je repars faire la conne pétée de tune en Afrique avec son pass UN, ou la journaliste rurale pleine de bonne conscience de gauche au smic amélioré? Non mais franchement, tu parles d'un choix. C'est plus du choix c'est de la schizophrénie sociale.

mercredi 11 juillet 2007

Hit the road, Mzungu

Ok, big news, fresh news, now: Mzungu Dollar is heading back to where she belongs. Africa, that is. Departure August 15. Don't ask me how, why, whatever. I don't believe it myself.

Moralité : c'est pas encore demain que j'aurai un clébard nommé François Baroin.

jeudi 5 juillet 2007

Slightly different shopping decisions


Buying Into the Green Movement

By ALEX WILLIAMS
New York Times, July 1, 2007

HERE’S one popular vision for saving the planet: Roll out from under the sumptuous hemp-fiber sheets on your bed in the morning and pull on a pair of $245 organic cotton Levi’s and an Armani biodegradable knit shirt. ...la suite

Facile d'enrichir son blog en mettant des liens vers des vrais articles écrits par des "journalistes diplômés" comme dirait mon décidément incontournable H. S. Thompson.

Je suis mesmérisée par les variations dialectiques du papier. Du coup à la fin je sais plus très bien si c'est bien, mal, si c'est un début ou pas, d'acheter du Armani biodégrable et si c'est Wal Mart ou Serge Latouche qui sauvera le monde (enfin, à mon avis, aucun des deux).

La sale grève de la faim



Je me marre ce matin en lisant Le Monde.

Toyal revient sur ses engagements: non seulement l'usine japonaise implantée en vallée d'Aspe n'installera pas son extension à Accous comme elle l'avait promis à l'engrèvé UDF de la faim en 2006 (sous le regard bienveillant de notre président alors encore ministre de l'Aménagement du territoire), mais elle ne l'installera pas non plus à Lacq, et sans doute pas non plus en France...

Tout est bien qui finit bien, après tout. Jean Lassalle, fort de son médiatique héroïsme alimentaire de 2006* retrouve tranquillement les velours et dorures du Palais bourbon en juin 2007 - cela sans même devoir trahir son révolté ukrainien de saint-patron politique, l'homme du Modem à très bas débit.
De leur côté, Toyal s'en vont se délocaliser aux pays où la vie est moins chère.

C'est bien gentil à eux, tout de même, ce hasard, d'avoir attendu trois semaines après les législatives pour rendre leur décision publique.

Dindonnés, évidemment, c'est les habitants du coin. Mais les Aspois, en matière de stratégies structurelles, n'ont jamais brillé par leur longueur de vue...


* Je renvoie ceux qui auraient oublié l'ampleur de cette farce gasconne au dossier tout bonnement hagiographique publié à l'époque par... Technikart - n° 102-, hein? oui oui, on parle du même, le mag' de la mondanité people trash d'entre-sol.

mardi 3 juillet 2007

Simple comme bonjour

D'abord j'ai commencé à la parisienne, c'est-à-dire dans une tonalité type "de toute façon faut pas rêver jamais t'auras la piaule dont t'as envie parce que y'a tellement de gens plus riches que toi autant pas trop t'enthousiasmer dans ta recherche gnagnagna..." Bref.

Et puis j'ai visité un taudis, un vrai, et puis même pas vraiment pas cher, hein, un pur taudis rural sombre comme une cave, la cuisine badigeonnée avec de la came "vert amande vomi" premier prix de l'hyper du coin (choisie non pas pour sa teinte mais pour son tarif avantageux), rénovée par l'apprenti maçon local qui a fait CAP Béton option Carrelage gris à motifs... et je me suis dit "Ah mais non au secours attends là ma fille t'avais bien dit que tu vivrais pas ici si tu trouvais pas une piaule du tonnerre".

Je remonte direct dans LaCorsa1987 en faisant un bras d'honneur à l'agente immobilière (j'exagère) et je roule à tombeau ouvert (60 km heure en moyenne) me consoler 10 kilomètres plus loin dans la cour de MA bastide qui, elle, n'est pas un taudis mais une vieille ferme canon pour ceux qui n'ont pas compris. Evidemment, y'a pas un chat.

Je me dis bon. Bon, bon, bon. Super. Je réfléchis un moment au soleil. Et je conclus comme ça: puisque tout le monde se met en quatre pour m'enseigner que quand la beauté vous résiste faut pas défoncer la porte mais patienter en attendant qu'on vous ouvre (et disant ça, j'en crois toujours pas un mot, je cours chercher mon bélier), je me dis, d'accord, ok, on perd rien à essayer et si l'immobilier c'est comme l'amour (une hypothèse amalgamée comme une autre) alors je serai peut-être convaincue, qui sait? Bref, je lui dis à ma bastide, c'est comme ça on va voir qui c'est la plus maligne, je vais guetter jusqu'à que la porte s'ouvre, et quand la porte s'ouvrira, puisque forcément une porte c'est fait pour ça, ben je serai là, moi, première, avec une déballe de 14 kilomètres longue comme la plus flamboyante des déclarations. Bref, je remonte dans ma voiture, je fais 100 mètres et je me pointe à la première baraque voisine. Je dis "Bonjour, je cherche un logement, c'est beau ici, vous avez rien à louer?" Dix minutes plus tard j'étais locataire d'un appart princier depuis lequel je pourrai désormais surveiller les allées et venues devant ma source.

Voilà pour le désert rural. A partir de mi-septembre, vin plein sud sur terrasse de 25 m2 dans mas du 17e siècle. Je sais pas trop quoi en conclure... que quand l'amour vous claque la porte à la gueule, faut passer par derrière?

vendredi 29 juin 2007

Low tech, high profile

Extrait de conversation en désert rural au début du XXIe siècle:

"... télévision vous pouvez recevoir la Une, la Deux, la Trois, la Cinq et la Six. Sinon, il y a la parabole.
- Ah. Remarquez, la télévision, ça ne me pose pas vraiment de problème de pas l'avoir.
- Alors, attention aussi: le portable ne passe pas.
- Pas du tout? Aucun opérateur?
- Eh bien, c'est-à-dire, si vous vous placez à des POINTS STRATEGIQUES (sic), vous pouvez PARFOIS (resic) capter le signal Orange.
- Ah, ok. Mhhmmhhh. Et l'ADSL?
- Il n'y a pas l'ADSL, juste le téléphone normal."

En même temps, je l'ai bien cherché.

Dream house


Voilà la V1 de la bastide de mes rêves. Sans doute que ça sera pas elle, mais celle-ci présentait des atouts non négligeables : ancienne et pourrie avec le toit en vieilles tuiles pourries, des volets verts écaillés, une vigne sur le mur, un tilleul (pas encore immense mais vraiment prometteur), une source captée avec un abreuvoir (une SOURCE, j'ai toujours rêvé d'avoir une source rien qu'à moi, qui coule tout le temps, le luxe absolu, comme la cruche qui ne se vide jamais de l'enfant perdu dans la forêt), tout au bout d'une route en lacets, dernière maison avant les bois et les sentiers, et surtout, là on la voit pas, une vue ouverte sur toute une vallée avec de grandes falaises sur l'ubac en face.

Et puis elle a l'air en déshérence totale, boite aux lettres arrachée. Elle m'émeut, quoi.

mercredi 27 juin 2007

La sociabilité scientifiquement expliquée – Leçon 1 – Le bruit social

Bruit social : signal sonore discontinu normalement émis par les groupes humains fonctionnels (syn. : conversation).
L’anomie(1) d’un groupe social pourrait, dans certaines conditions géographiques précises et selon une étude récente(2) validée par la méthode expérimentale, s’évaluer en décibels.

Le processus standard d’émission de bruit social s’articule en trois temps. Ci-après, l’analyse des résultats d’une étude de terrain menée sur un échantillon représentatif de trois personnes dans un véhicule de tourisme sur une route communale en juin 2007.

1/ Amorçage par le signifiant
Ex. : Personne 1 : « Oh, regardez, un écureuil ! »
Cet énoncé est prononcé pendant que le référent immédiat <écureuil> traverse la chaussée devant les roues du véhicule. Nous avons émis et vérifié à plusieurs reprises dans des circonstances analogues (3 personnes, un véhicule de tourisme, une route communale) l’hypothèse selon laquelle le même énoncé reste fonctionnel lorsque le référent immédiat <écureuil> n’est pas effectivement présent. Nous avons conséquemment émis une deuxième hypothèse de travail selon laquelle le mensonge serait toléré lorsque les silences prolongés mettent en péril la cohésion du groupe avec risque d’anomie à court terme.

2/ Validation sémantique
Avec présence effective du référent immédiat <écureuil>, l’expérience se poursuit en général ainsi :
> Personne 2 ou 3 : «Ah oui !»

En l’absence du référent immédiat <écureuil>, on obtient généralement ceci :
> Personne 2 ou 3 : «Oh, où ça ? Mince je l’ai raté.»
(Note silencieuse de l’expérimentateur : «Normal, y’en avait pas.»)

Ou ceci
> Personne 2 ou 3 : «Oh lala ! Qu’il est joli !»
(Note silencieuse de l’expérimentateur : le besoin de cohésion sociale se nourrit vraiment à tous les râteliers.)

Dans les trois cas, l’effet est le suivant :
Identification globale du référent au signe, consensus linguistique et social, soulagement général. On constate que présent ou absent un écureuil est un écureuil est un écureuil, que la langue est un système stable quand on y songe, qu’on est bien tous ensemble dans cette voiture de tourisme qui est une voiture de tourisme, qu’on voit la même chose qui est une chose, et que donc la vie a un sens ou au moins un code de conduite.

Pour faire court, il suffit d’un écureuil pour réactualiser fortement la norme sociale.

3/ Stabilisation du bruit social par généralisation référentielle
À ce stade, on évacue le référent immédiat anecdotique <écureuil > (d’autant plus anecdotique, on l’a vu, qu’il est facultatif) pour s’élever au référent intime et/ou collectif. On peut convoquer des tas d’informations en sommeil liées aux écureuils, pour peu qu’on fasse un effort. Qu’il y en a beaucoup par ici. Qu’on n’en a pas vu depuis longtemps. Qu’en cette saison les écureuils. Que quand j’étais petit un écureuil. Qu’une fois un écureuil. Que dans ce livre consacré aux écureuils...

Mhhhhmmmmhhh. Qu’il faudrait tous les écraser, les écureuils.

– Silence consterné dans la voiture –

----- Fin brutale de l’étude expérimentale -----

Bilan : l’intensité et la persistance du bruit social dépendent bien plus de la bonne volonté des acteurs que de la qualité du concept d’amorçage (vous pouvez en effet remplacer le signifiant «écureuil» par «vache», «canette de bière», ou «Nicolas Sarkozy», vous obtiendrez exactement le même résultat).

Note pratique
: l’humour noir même très bas de gamme n’est pas, et de loin, la technique de stabilisation du bruit social la plus rentable. En sa qualité de brouilleur référentiel, l’humour noir (et toutes les formes d’ironie avec lui) se classe parmi les pratiques langagières conduisant le plus sûrement à l’anomie.

Conclusion : pour cultiver le bruit social et vous faire ainsi des tas de nouveaux amis passionnants, sélectionnez de préférence des énoncés simples, interchangeables, type prédicat, à fort contenu référentiel (le référent se développe de manière exponentielle, il contribue au décloisonnement et à l’extension des souvenirs ; on en voudra pour preuve les kilomètres de mauvaise fiction à fort contenu référentiel qui encombrent les rayons des bibliothèques et de nos vies).

Quelques exemples de prédicats types à utiliser en toutes circonstances : «Cette montagne est haute.» « Le temps est au beau fixe/pluvieux/orageux/etc.» «Ce gratin est délicieux.» «Demain sera un autre jour.»

Notes
(1) Anomie : concept pivot de la théorie sociologique durkheimienne, qu’on peut traduire grosso modo par «destruction de la norme sociale et des liens de solidarité». L’anomie conduit aux déviances : alcoolisme, suicide... et possède des causes multiples : humour merdique, capitalisme sauvage, don juanisme, utilisation abusive d’une console de jeux vidéo...

(2) M. Dollar (Ed.), The Sound of Anomy. An Auditory Contribution to the Durkheimian Analysis of Social Control, Trifling University Press, Prov., (sous presse).
Voir aussi : M. Dollar, «The Elusive Squirrel. Inquiry into the Exponential Value of the Referent in the Speech Act», in Interactionist Linguistics, 67, vol. 12., spring 2007, pp. 177-196.

Cultural Vertigo

Hier matin, je me lève après avoir rêvé que je gobais des quaaludes à la nouvelle BNF en passant le BEPC de français.

Ce qui somme toute représente un excellent résumé symbolique de mon existence mais c'est pas le sujet. Le sujet c'est le bruit que j'entendis hier matin sortir de la radio, encore tout ensommeillée, hyper-détendue comme un Hunter S. Thompson en descente d'éther et touillant mon müesli dans la cuisine:

" [...] le courant kantien dont Bernard Kouchner et quelques autres ont été les continuateurs [...]"

Je m'étrangle sur un flocon d'avoine (équitable et non OGM).

Suit un exercice de name-dropping digne d'un dîner d'aspirants diplomates dans un bar du côté de la rue Saint-Guillaume, d'où je conclus que Bernard Kouchner, Bernard-Henri Lévy (l'invité soi-même, donc) et Alain-Gérard Slama sont les Kant, Proust et Althusser du XXIe siècle.

Du coup je passe avec indulgence sur la péroraison de Fatboy Al' aka Triple Crème qui nous fit un brillant exposé de classe de 4e à partir de la notion de tragédie. Je sais même plus quel était le sujet initial, c'est tellement secondaire. Les relations complexes de la guérilla colombienne avec les services de renseignements pakistanais, sans doute.

samedi 23 juin 2007

Private joke définitive pour samedi matin laborieux

Solipsisme : attitude du sujet pensant pour qui sa conscience propre est l'unique réalité; les autres consciences, le monde extérieur n'étant que des représentations.

Syn. : égoïsme métaphysique

Exemple :
"Peter : bonjour ma petite dame, tu continues à "bouder"?"

samedi 16 juin 2007

A moudre

"C'est un mot qui se trouve en contradiction avec l'activité des systèmes nerveux en situation sociale. Il n'est prononcé d'ailleurs que par des dominants culpabilisés par leur bien-être et qui devinent la haine des dominés, ou par des dominés qui se sont brisé les os contre la froide indifférence des dominances. Il n'existe pas d'aire cérébrale de l'amour. C'est regrettable. Il n'existe qu'un faisceau du plaisir, un faisceau de la réaction agressive ou de fuite devant la punition et la douleur et un système inhibiteur de l'action motrice quand celle-ci s'est montrée inefficace. Et l'inhibition globale de tous ces mécanismes aboutit non à l'amour mais à l'indifférence."
Henri Laborit, Eloge de la fuite, 1976, p. 68 pour l'édition Folio essais de 1985.

Dont acte.

1981, rien à signaler

Voilà, je surfais tranquillement et puis je tombe mais alors vraiment sans faire exprès sur DESIR D'AVENIR le blog en Loire Atlantique.
Je me demande COMMENT les socialistes osent encore regarder en face leurs archives pour infliger à ce qui leur tient lieu de conscience la mythologie du combat, d'ailleurs Royal je trouvais ça aussi bien qu'elle utilise pas la rose au poing pendant sa campagne. Non mais? Sérieusement?

Oui, j'en voudrai toujours à ma mère de m'avoir fait croire, un certain jour du mois de mai au début des années 80, parce qu'elle titubait dans le jardin en scandant que ce n'était qu'un début, que le monde avait changé. Parce que moi je l'ai crue, il faut toujours croire ses parents et j'ai bien flippé pendant deux ans - alors que j'avais pas besoin de ça pour flinguer un système nerveux déjà pas très étanche. Après y'a eu Mauroy et tout est rentré dans l'ordre.

vendredi 15 juin 2007

Passage à l'Est

Mon voyage c'était vrooooum entre les camions dans LaCorsa1987 et rien de notable sinon la Camargue. "Haaaaa, la Camargue, ses chevaux, ses flamants roses...". Tout y était. Bien surligné en fluo, comme dans un précis de prépa d'occasion. Les flamants roses, ils étaient tous sur leur plan d'eau, on pouvait pas se tromper, y'avait un panneau devant: "FLAMANTS ROSES". J'en ai pas croisé un seul autre ailleurs. A croire qu'ils savent lire, les flamants roses, et qu'ils l'ont pris pour eux le panneau, comme une directive du ministère national de l'identité migratoire des oiseaux, camp de transit, hophop.

Bref, je suis arrivée. Mais parler de désert rural, j'abuse un peu. Quand même, y'a 7000 habitants, un supermarché-U et 10 salons de coiffure.